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28·09
2026

Dépôt de terrain · cimetière parisien d’Ivry · quarante-six photographies

Les morts, les arbres et l’administration

La pierre promet la durée, mais les noms s’effacent, les mousses gagnent, les arbres tombent malades et les concessions arrivent à échéance. Entre une mémoire de l’Argonne, un buste verdi, une affiche Vigipirate et un arrêté de reprise, le cimetière apparaît comme une ville lente, administrée jusque dans son oubli.

Panneau photographique montrant des renards roux parmi des tombes et portant la mention Cimetière parisien d’Ivry, crédit Benoît Gallot
87179 · Le renard du cimetière d’IvryCe panneau ne montre pas un animal directement observé, mais une photographie de renards roux parmi les portraits funéraires. Sa légende nomme explicitement le Cimetière parisien d’Ivry et crédite Benoît Gallot : elle apporte à la série un indice de localisation interne à l’image.
Panneaux verts de la 15e division indiquant l’avenue des Noisetiers de Byzance et l’avenue principale, entourés de feuillages d’automne
87177 · Les Noisetiers de ByzanceÀ la 15e division, l’avenue des Noisetiers de Byzance rejoint l’avenue principale. Le panneau nomme précisément l’arbre tandis que la végétation environnante brouille toute correspondance immédiate entre l’espèce écrite et les feuillages visibles.
Base d’un grand tronc à l’écorce crevassée, entourée de feuilles mortes et de marrons tombés
87176 · Le tronc et les marrons tombésL’écorce épaisse se divise en plaques irrégulières au-dessus des contreforts racinaires. Au sol, plusieurs marrons et feuilles palmées documentent la fructification et l’automne ; ils rendent probable un marronnier, sans permettre d’en fixer l’âge depuis cette seule vue.
Panneaux verts de la 93e division indiquant l’avenue transversale et l’avenue principale, devant une végétation dense
87173 · Avenue transversale, avenue principaleÀ la 93e division, la nomenclature réduit l’espace à deux fonctions géométriques : traverser et conduire. Les panneaux se dressent devant le feuillage comme la grille administrative d’une ville entièrement végétalisée.
Ancien panneau vert de cimetière indiquant l’avenue des Négondos, en grande partie masqué par un arbuste
87172 · L’avenue des Négondos sous les branchesLes feuilles passent devant les mots et soustraient une partie du numéro de division. Le nom botanique demeure lisible, mais le végétal réel reprend le panneau qui prétendait le classer.
Deux portraits funéraires ovales, une femme et un homme, fixés verticalement sur une pierre claire et bordés de mousse
87154 · Le couple bordé de mousseDeux portraits ovales sont disposés l’un au-dessus de l’autre sur la pierre mouchetée. La mousse gagne les contours de porcelaine : le végétal ne recouvre pas encore les visages, mais dessine autour d’eux une seconde bordure, lente et vivante.
Vue d’une allée de cimetière bordée de monuments funéraires en forme de cœur et d’une tombe blanche
87164 · Une allée de cœursDans l’allée arborée, plusieurs pierres adoptent la forme du cœur. Au centre, un monument blanc à fronton nomme Joseph Alexander sous l’entablement « Anton Jeyaratnam » : les géométries affectives et architecturales coexistent dans la même perspective.
Plaque funéraire sculptée comme un livre ouvert, ornée de roses et d’un portrait ovale d’homme
87163 · Le portrait sur le livre de pierreUn visage masculin occupe la page gauche d’un livre minéral bordé de roses. Sur la page droite, l’inscription dorée s’est en grande partie effacée : le portrait demeure plus lisible que le nom.
Plaque funéraire métallique portant le nom Athanase Jean et les dates 1934–2021, posée de biais sur une dalle
87162 · Athanase Jean, de biaisLa plaque nominative repose obliquement sur la dalle, parmi les feuilles, les brindilles et la poussière. La gravure nette affirme « Athanase Jean, 1934–2021 », mais son déplacement transforme déjà le cartouche en objet mobile.
Plaque commémorative avec portrait d’un homme et l’inscription Papa chéri, merci pour tout ton amour
87161 · Papa chériLe portrait photographique et l’adresse manuscrite — « Papa chéri, merci pour tout ton amour » — maintiennent une parole familiale au présent. Terre et poussière couvrent partiellement l’image sans effacer l’intimité du message.
Tombe de Samuella Moanda, 2004–2020, ornée d’un ange sculpté, d’un portrait ovale et de nombreux bouquets
87160 · Samuella sous l’aile de l’angeUn ange de pierre se penche sur le cœur portant le portrait de Samuella Moanda, morte à seize ans. L’abondance des fleurs et la formule « À jamais dans nos cœurs » donnent au monument la densité d’un deuil activement entretenu.
Ornement funéraire en céramique représentant un hortensia violet aux feuilles vertes, posé sur une pierre altérée
87159 · L’hortensia de céramiqueLa fleur violette ne se fane pas : moulée et émaillée, elle prend place sur une pierre mouchetée, près de petites mousses. Le végétal artificiel gagne une durée minérale, tout en portant ses propres éclats et salissures.
Pierre tombale portant les noms Georgette Lépine, 1903–1964, et Louis Lépine, 1904–1973
87158 · Georgette et Louis LépineDeux noms, deux séries de dates et deux traits horizontaux structurent la pierre commune. Les lettres dorées résistent encore à la croûte grise et aux fissures : la conjugalité devient une mise en page.
Inscription dorée sur un monument noir indiquant Sépulture installée par son épouse Milica, avec fleur en céramique
87157 · Installée par son épouse MilicaUne phrase inhabituelle nomme non le défunt, mais l’acte matériel et affectif de la survivante : « Sépulture installée par son épouse Milica ». L’administration du tombeau devient déclaration conjugale.
Deux portraits funéraires ovales en noir et blanc, un homme et une femme portant des lunettes, fixés sur une pierre sombre
87156 · Les deux portraits ovalesUn homme et une femme, tous deux chaussés de lunettes, sont réunis verticalement sur le granite sombre. Les médaillons conservent deux regards individuels, tandis que la pierre les assemble en un portrait de couple.
Trois figurines d’anges blancs disposées au pied d’une inscription funéraire dorée, parmi des feuilles mortes
87155 · Les anges au pied du nomTrois anges miniatures prient ou se penchent devant l’inscription dorée, entourés de feuilles mortes et d’un photophore vide. La répétition décorative installe une petite communauté protectrice au seuil du nom.
Très gros plan sur des fragments de lettres dorées gravées dans une pierre sombre altérée
87152 · Les lettres disperséesLe cadrage ne livre plus une inscription, mais des fragments dorés séparés par le grain, l’usure et les dépôts. La lecture devient une archéologie de surface : reconnaître des signes sans pouvoir encore reconstruire la phrase.
Fragments de caractères gravés et partiellement dorés sur une pierre grise tachée et colonisée par des mousses
87151 · Le texte rendu à la pierreDes caractères subsistent entre taches claires, poussière et mousses. Leur ordre échappe au cadre ; seule demeure certaine la lutte matérielle entre l’inscription et sa surface.
Portrait funéraire ovale en noir et blanc d’un homme en costume et cravate, fixé sur une pierre mouchetée
87150 · L’homme dans l’ovaleUn homme en costume et cravate regarde l’objectif depuis un médaillon de porcelaine. Poussières et petites marques traversent désormais le portrait : l’image conserve le visage tout en enregistrant son exposition au temps.
Portrait funéraire ovale en noir et blanc d’une femme portant des lunettes, fixé sur une pierre mouchetée
87149 · La femme dans l’ovaleLe second médaillon montre une femme aux lunettes, le regard légèrement relevé. Placés côte à côte dans la série, les deux portraits instaurent un dialogue visuel que le cadrage de chacun avait isolé.
Mémorial noir de 1830–1962 consacré à l’exode des Français juifs d’Algérie, avec silhouettes, valises, bateau, étoiles de David et menorah
87148 · L’exode des Français juifs d’AlgérieLe mémorial associe les dates 1830–1962 à des silhouettes assises, des valises et un navire. L’exil collectif est condensé en une scène de départ, tandis qu’une inscription latérale rappelle les Juifs inhumés en Algérie.
Monuments funéraires noirs ornés d’étoiles de David, de caractères hébraïques et de colombes, vus derrière une haie
87147 · Selam derrière la haieDerrière la haie taillée, les monuments noirs portent étoiles de David, caractères hébraïques, urnes et colombes sculptées. Le mot « SELAM » se détache au centre de cet ensemble de signes religieux et familiaux.
Panneaux verts de la 207e division indiquant l’avenue des Tilleuls de Hollande et l’avenue des Marronniers à fleurs doubles sous un grand arbre
87146 · L’avenue des Tilleuls de HollandeÀ la 207e division, l’avenue des Tilleuls de Hollande rencontre celle des Marronniers à fleurs doubles. Sous les branches, le nom de Tilleul entre matériellement dans la carte du cimetière.
Panneaux verts indiquant la 51e division, l’avenue des Marronniers à fleurs doubles et l’avenue du Fort, au-dessus des tombes et des haies
87145 · Les marronniers à fleurs doublesÀ la 51e division, l’avenue des Marronniers à fleurs doubles rencontre l’avenue du Fort. La nomenclature promet la floraison ; le cadre montre surtout les feuillages d’automne, les haies taillées et les pierres.
Panneaux verts anciens indiquant les 80e et 82e divisions, l’avenue des Platanes et l’avenue des Érables rouges, au-dessus des tombes
87143 · Le carrefour des arbresAu croisement des 80e et 82e divisions, l’avenue des Platanes rencontre celle des Érables rouges. La numérotation administrative et le vocabulaire botanique composent ensemble la géographie du cimetière.
Petite plaque portant le nom Gilbert Previse et les dates 1942–2026, posée sur une dalle funéraire claire non gravée
87141 · Le nom avant l’inscription« Gilbert Previse, 1942–2026 » : une petite plaque mobile suffit d’abord à nommer le mort sur une dalle encore sans inscription. Le provisoire précède ici la gravure durable.
Homme âgé coiffé d’une kippa noire, assis dans un fauteuil roulant parmi des chaises pliantes et levant la main
87138 · La parole parmi les chaisesUn homme âgé, assis dans un fauteuil roulant, lève la main au milieu des chaises pliantes. Le geste suspend l’organisation matérielle de la cérémonie et donne au corps vivant, fragile et parlant, le premier plan.
Quatre personnes vêtues de couleurs sombres se tenant parmi les tombes et les haies d’un cimetière
87137 · Quatre vivants parmi les tombesUne jeune fille, un homme âgé au chapeau noir et deux adultes se tiennent entre les monuments et les haies taillées. Les âges, les regards et les orientations divergent ; le groupe existe sans se refermer.
Cérémonie funéraire dans une allée de cimetière, avec cercueil drapé, montage photographique sur chevalet, hommes en costume et véhicules noirs
87132 · Le convoi s’arrête devant les imagesAu bord de l’allée, un cercueil drapé et un chevalet couvert de photographies organisent un dernier récit biographique. Les hommes en costume et les véhicules noirs inscrivent la cérémonie dans la logistique réglée du convoi.
Jeune pousse verte issue d’un bois coupé, avec racines apparentes sur un sol sec couvert de feuilles
87129 · Le jeune rejet et les racinesUne jeune pousse surgit d’un bois coupé, au milieu des racines affleurantes et des feuilles tombées. Dans le cimetière, la reprise végétale donne au mot « reprise » un sens exactement opposé à celui de l’administration funéraire.
Ancien panneau dans une allée arborée réservant la voie aux convois funèbres et aux voitures de tourisme
87128 · Réservé aux convois funèbresFixé entre deux arbres, le panneau réserve la voie aux convois funèbres et aux voitures de tourisme. La même allée doit donc servir le rite, la gestion et la visite : trois circulations sous une seule règle.
Tombe contemporaine fleurie portant deux portraits photographiques ovales
87118 · Deux portraits parmi les fleursDeux médaillons photographiques identifient les défunts au milieu de bouquets réels et artificiels. Le visage, reproduit et protégé, prend désormais la place autrefois tenue par la seule inscription.
Statue funéraire en bronze verdi représentant un soldat de la Première Guerre mondiale couché
87117 · Le poilu couché, de faceLe soldat sculpté repose à même la dalle, tête relevée, arme tenue contre le corps. Un petit ruban tricolore renouvelle dans le présent l’hommage au combattant.
Vue latérale d’une statue de soldat couché sur une tombe au milieu d’autres monuments
87116 · Le poilu couché, dans l’alléeVu de côté, le même corps de bronze s’inscrit dans l’empilement des monuments. La sculpture transforme la tombe en scène historique, mais la patine la rattache lentement aux mousses et aux pierres.
Dalle funéraire ornée d’un bouquet et de longues feuilles en métal verdi
87114 · Le bouquet de bronzeDes tiges et un bouquet de métal s’étendent sur la dalle inclinée. Le végétal funéraire, immobilisé dans le bronze, se couvre pourtant de la même patine verte que les statues.
Couronnement de monument funéraire portant le mot Regrets en capitales
87113 · REGRETSUn seul mot occupe le cartouche de pierre. Sans nom ni date dans le cadrage, « REGRETS » devient une légende presque abstraite, déposée au-dessus des morts comme une catégorie générale.
Monument funéraire de la famille Maury portant une plaque en mémoire d’un vétéran tué en Argonne en 1915
87112 · Les Maury et le mort de l’ArgonneLa pierre réunit plusieurs générations de la famille Maury. Une plaque ajoutée maintient à part la mémoire d’un vétéran tué en Argonne en 1915 : l’histoire nationale s’agrafe à la généalogie familiale.
Fronton d’un monument familial sculpté d’une grande palme
87111 · La palme de pierreUne grande palme sculptée déploie ses folioles au-dessus du nom familial. Le végétal devient emblème minéral : il ne pousse plus, mais prétend ne jamais faner.
Buste funéraire verdi sur un socle portant un symbole d’équerre et de compas
87110 · Le buste vert et l’équerreUn buste masculin, verdi par l’altération du métal, domine un socle portant l’équerre et le compas. Le portrait individuel et l’emblème d’appartenance organisent ensemble la survie publique du défunt.
Tombe ancienne ceinte de chaînes, avec urne et végétation spontanée
87109 · L’urne dans l’enclosChaînes, potelets et urne composent un petit territoire funéraire. La végétation spontanée franchit pourtant la clôture symbolique et reprend possession du sol.
Dalle funéraire dont l’inscription très effacée est gagnée par les mousses
87108 · L’inscription rendue au lichenLes lettres s’effacent dans la porosité de la dalle tandis que mousses et dépôts assombrissent les bords. La matière conserve encore une inscription, mais refuse déjà sa lecture certaine.
Monument funéraire surmonté d’une haute croix et objet rouillé posé sur la dalle
87107 · La croix et l’objet rouilléUne haute croix porte la verticalité du souvenir. Sur la dalle tachée, un objet rouillé demeure sans fonction immédiatement déterminable : dépôt, fragment ou outil abandonné.
Monument funéraire noir au milieu de tombes anciennes et d’arbres
87106 · Le monument noir sous les arbresLe monument sombre découpe sa silhouette parmi les pierres claires et les frondaisons. L’érosion rend les noms moins lisibles que la forme architecturale qui les porte.
Affiche Vigipirate Urgence attentat fixée sur un panneau dans le cimetière
87105 · Vigipirate parmi les sépulturesLe triangle « Urgence attentat » introduit le régime de la menace contemporaine dans l’espace des morts. La protection du lieu passe par un signe national, usé et taché comme les monuments alentour.
Panneau d’information sur le chancre coloré menaçant les platanes
87104 · Le platane, un arbre menacéLe panneau décrit le chancre coloré et affirme la prévention essentielle. Dans cette ville funéraire, les arbres aussi relèvent d’un diagnostic, d’une surveillance et d’un possible abattage.
Avis de la Ville de Paris concernant la reprise des sépultures dont la durée expire en 2022
87103 · Reprise des sépulturesL’avis municipal organise la reprise des concessions arrivées à échéance en 2022. Le droit fixe ici la durée matérielle du repos : passé le délai, la mémoire doit répondre à une procédure.

État de la trace. Quarante-cinq JPEG mesurent 1 152 × 1 536 pixels ; le cliché 87177 mesure 1 301 × 1 536 pixels. Les fichiers ne conservent ni date EXIF exploitable, ni modèle d’appareil, ni coordonnées GPS. La date du 28 septembre 2026 provient du dépôt. L’autorité gestionnaire parisienne est attestée par l’avis visible sur 87103 ; le panneau 87179 nomme explicitement le Cimetière parisien d’Ivry. Le rattachement de l’ensemble à ce lieu est probable par continuité du parcours, sans coordonnées EXIF pour le confirmer image par image. Les lectures de noms partiellement effacés restent volontairement prudentes.

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