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11·10
2026

Lumière · chantier · mémoire seconde

La dalle et la palissade

D’abord, une lumière basse affleure sous les feuilles comme une table encore vierge. Puis le chantier ouvre un corridor et accroche à sa clôture les images d’un monde déjà déplacé. La série met face à face deux supports de mémoire : la dalle qui éclaire sans rien inscrire et la palissade qui inscrit ce qui n’est plus devant nous.

I · La dalle de lumière

Cinq vues tournent autour du même objet. À mesure que le cadre se rapproche, le luminaire cesse d’être un appareil et devient une pierre lumineuse, presque une tablette. Les feuilles et les tiges en font l’écriture mobile : une inscription d’ombre qui ne demeure pas.

II · La palissade se souvient

Le chantier montre ses conteneurs, ses clôtures et son passage provisoire. Sur l’écran orange, des photographies conservent véhicules peints, bâtiments couverts de signes et figures d’un lieu antérieur. Photographier ces photographies produit une archive au second degré : le présent cadre la mémoire qu’il est en train de remplacer.

État de la trace. Fichiers 90078 à 90068, déposés le 11 octobre 2026. La cohérence visuelle, les objets et les inscriptions visibles sont établis d’après les images. Le lieu exact, la date réelle de prise de vue, l’auteur des œuvres reproduites et le contexte précis du chantier restent à confirmer ; aucune coordonnée GPS exploitable n’est inscrite dans les fichiers.

La dalle de lumière

5 variations · portrait

  1. 90077 · L’alphabet des tiges. La face blanche du luminaire devient une page verticale. Les plantes n’y portent aucun texte stable : elles composent pourtant, par silhouette, une écriture immédiatement lisible comme présence.Cliquer sur l’image pour l’agrandir.
  2. 90078 · La lampe derrière les feuilles. La lumière est d’abord une chose cachée. Elle ne révèle pas le jardin : le jardin la découpe et lui impose ses marges.
  3. 90075 · La pierre blanche. Replacée dans le sol, la tablette redevient un objet : cadre noir, verre strié, gravier et litière végétale.
  4. 90076 · Le carré incliné. Le losange tient par le point bas de son cadre. Une feuille dressée suffit à faire basculer l’appareil vers le paysage.
  5. 90074 · Une lumière tenue au sol. Dernière mesure du motif : ni monument ni enseigne, mais une clarté domestiquée au niveau des pas.

La palissade se souvient

1 seuil + 4 images d’images

  1. 90072 · Le corridor provisoire. Le chantier organise l’attente par couloirs, clôtures et couleurs de sécurité. Au bout de cette perspective technique commence la série des souvenirs affichés.
  2. 90071 · Le visiteur de l’ancienne cour. Un véritable tronc coupe à gauche la photographie ancienne. Le vivant présent et l’image passée occupent la même surface sans se confondre.
  3. 90070 · Les voitures peintes. Les carrosseries deviennent des pages mobiles. Le cadre, les boulons et les plis du support rappellent que cette scène nous parvient désormais comme document.
  4. 90069 · L’épave couchée dans les bois. La rouille, la peinture et la végétation font de la camionnette un objet à la fois abandonné et recomposé : ruine mécanique transformée en support narratif.
  5. 90068 · La voiture aux mille signes. La surface automobile est saturée de lettres, de couleurs et d’images. La photographie, elle-même rivetée à la palissade, ajoute encore un cadre à cette accumulation.
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