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Poème nocturne · amour clandestin · secret

L’heure verte

La nuit protège un rire, deux yeux verts et la chaleur brève que le matin ne peut entièrement effacer.

Poème

L’heure verte

La ville avait fermé ses yeux derrière les persiennes ;
nous entrions dans la nuit
comme on glisse une lettre interdite sous une porte.

Tu riais tout bas,
et ce rire faisait trembler le silence.

Tes yeux verts brillaient — deux fenêtres ouvertes
sur un jardin qu’il eût été imprudent de nommer.
J’approchais ; tu ne reculais pas.
La lampe au mur comptait nos ombres,
et nous perdions le compte.

Au moindre bruit,
nos mains se séparaient
pour se retrouver plus vite,
comme si le danger, lui aussi,
avait appris à nous désirer.

Puis l’aube a posé son doigt sur la vitre.
Tu as remis ton gant.
J’ai gardé dans ma paume
la chaleur brève de ton secret.

Et nos deux pas s’effacent au bord du matin.

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