Poème
Trois lits
Sous la bêche, un tesson tient la date
que la pierre tait. Le sol ne parle
qu’à qui ramasse ce qu’on a jeté.
Le grès a connu les sabots, le granit les roues ;
ils ont quitté la rue sans dire adieu
et dorment au jardin comme des chiens rentrés.
De Vodable, trois couleurs de feu refroidi :
le noir, le gris, le rouge d’une braise
qu’une main, un jour, n’a pas voulu laisser là-bas.